C'est bien pour ça qu'on n'en parle pas !
Manfred (CRO)
C'est bien pour ça qu'on n'en parle pas !
Manfred (CRO)
Premier tour de l’élection présidentielle, déclaration de Philippe Poutou.
Merci à celles et ceux qui viennent de voter pour moi car nous avons réussi ensemble dans cette campagne, au-delà de notre score à faire exister des réponses anticapitalistes:
l’interdiction des licenciements, l’augmentation de tous les revenus de 300 euros nets, l’annulation de la dette, une autre répartition des richesses et la sortie du nucléaire en dix ans.
Dans cette campagne, nous avons essayé de montrer l’absolue nécessité que les salariéEs et la population ne comptent que sur leurs propres forces pour combattre les méfaits du capitalisme.
Nicolas Sarkozy a mené pendant cinq ans une politique pour ses amis les riches, une politique antisociale, xénophobe et raciste.
Le fait que Sarkozy soit rejeté dès le premier tour par une grande majorité de la population est bien Sûr un formidable encouragement.
Le fait par contre que l’extrême droite avec Marine le Pen fasse un score aussi élevé d’environ 20% est une mauvaise nouvelle. Son parti et elle-même ne représentent en rien les intérêts des classes populaires. C’est un danger mortel qu’il faut continuer à combattre.
Face à cette droite dure, le Parti Socialiste et son candidat ne sont pas une réponse. Le projet du PS s'inscrit dans les grandes lignes des choix de l’Union européenne et des socialistes européens. Il annonce déjà des politiques de rigueur, pour une « austérité de gauche ».
Depuis cinq ans le NPA combat la politique de Sarkozy et de son gouvernement dans la rue comme dans les urnes. C'est en ce sens que le NPA appelle le mardi 1er mai à manifester dans toutes les villes de France pour les mesures d'urgence sociales que nous avons défendues dans cette campagne, contre la politique de Sarkozy et le danger que représente l’extrême droite de Marine Le Pen.
Le 6 mai, dans la suite de la campagne que nous avons menée, nous serons au côté de celles et ceux qui veulent empêcher Nicolas Sarkozy de faire un second mandat. Nous le disons clairement, il faut dégager Sarkozy et toute sa bande en votant contre lui. Mais cela ne signifie pas un quelconque soutien à la politique de François Hollande.
Nous appelons celles et ceux qui se sont reconnus dans notre campagne à se regrouper, à prendre contact avec nous, pour qu'ensemble nous puissions faire vivre une force anticapitaliste indépendante. Dans la bataille contre l’austérité de droite comme de gauche, nous nous adressons au Front de Gauche, à Lutte ouvrière, aux militants syndicalistes et bien au-delà à celles et ceux qui se sont retrouvés dans ces campagnes pour préparer dès à présent la contre-offensive dont a besoin le monde du travail.
Paris le 22 avril à 20h00.
... (Le Monde du 13 avril)
jeudi 12 avril 2012
Lorsqu'il est arrivé, mercredi soir dans les studios de la plaine Saint-Denis, avec son blouson et deux membres de son équipe de campagne qui ont tout l'air de bons copains, même les services de sécurité de France Télévisions ont baissé la garde. Avant lui, Nicolas Dupont-Aignan, Eva Joly, François Hollande et Marine Le Pen, s'étaient engouffrés dans leur loge. Philippe Poutou a jeté un regard de regret vers le buffet de petits fours destinés aux invités - "C'est con, j'ai déjà mangé ! -" et s'est laissé entraîner vers le maquillage. Cette avant-dernière édition de "Des paroles et des actes", l'émission politique phare de France 2, est l'aubaine des petits candidats. Même temps de parole que les favoris. Même plateau. Mêmes intervieweurs-stars. C'est une opportunité de se distinguer enfin, dans une campagne qui commence à se répéter. C'est donc sa chance mais Philippe Poutou, qui raconte depuis les débuts de sa campagne, son cauchemar d'être la tête d'affiche du NPA, avoue tout de go : "Je ne suis pas peinard"... Juste avant le début de l'émission, les télévisions ont diffusé son clip de campagne officiel. Une parodie foutraque et amusante de "Questions pour un champion" où deux joueurs munis d'un gros buzz en caoutchouc parviennent à grand peine à deviner le nom de ce "candidat ouvrier dans l'automobile qui demande l'interdiction des licenciements avec la semaine avec 32 heures". Pourtant, malgré ce petit succès qui a mis les rieurs de son côté, il paraît ne pas en mener large. "BONNE CHANCE..." Le tirage au sort l'a désigné bon dernier des cinq candidats destinés à passer à la question. Il faut donc, torture supplémentaire, qu'il les voit se débattre avant lui. Marine Le Pen a laissé la porte de sa loge grande ouverte, sans que personne n'ose vraiment y entrer. Mais à trois pas, on est allé chercher du vin rouge pour la petite troupe qui accompagne François Hollande. Là, sa compagne Valérie Trierweiler, la "plume" de ses discours Aquilino Morelle, son chef de cabinet Faouzi Lamdaoui et Christian Gravel, le directeur de cabinet de Manuel Valls, chargé de la communication de la campagne socialiste, écoutent la prestation de leur candidat en notant ses bons mots. Tout à l'heure, le favori des sondages viendra souhaiter à Poutou "bonne chance"... Sur un écran de télévision, il a déjà vu Nicolas Dupont-Aignan renvoyer dos à dos Nicolas Sarkozy et François Hollande d'un :"Je ne donnerai pas de consigne de vote en faveur d'un charlatan". Puis, Eva Joly attaquer Nicolas Sarkozy sur les affaires Karachi et Bettencourt en assénant : "C'est une anomalie de solliciter un deuxième mandat alors que vous êtes cerné d'affaires judiciaires." François Hollande a terminé, maintenant, son entretien en mettant les rieurs de son côté et Marine Le Pen achève de boxer ses interlocuteurs en brandissant un petit jeu énigmatique au nez des journalistes pour leur signifier qu'ils doivent "sortir du cadre" pour mieux penser. C'est donc à lui. "JE NE VEUX PAS FAIRE UNE CARRIÈRE POLITIQUE" Quelques minutes auparavant, lorsque Philippe Poutou est allé saluer Eva Joly, il riait encore devant la candidate écologiste dont le visage porte toujours l'ombre bleutée d'un hématome, reste de sa chute récente dans un escalier."Alors, pas trop cassée ?" a-t-il lancé en lui serrant trop fort la main. Mais maintenant, il fait l'effet d'être comme la chèvre de Monsieur Seguin face aux journalistes qui l'attendent. On l'interroge d'abord sur ce programme économique radical qui promet d'exproprier les grandes entreprises, de nationaliser les banques, bref, s'inquiète le journaliste économique François Lenglet, qui "paraît ignorer le droit de propriété". Il répond sans se troubler qu'il faut prendre"l'argent là où il est !" On ironise devant ses désarrois de candidat ? Il reconnaît benoîtement devant ses interlocuteurs qui hésitent entre le rire et l'effarement : "J'ai pas l'habitude d'être seul. On arrive chez le patron en groupe, on séquestre en groupe !" On lui renvoie au visage le charisme d'Olivier Besancenot, le candidat trotskiste de 2007 ? Il réplique, hilare : "Je ne veux pas faire une carrière politique. Ça surprend, surtout par rapport aux autres... Besancenot n'a pas voulu continuer il m'a dit 'ben tiens, fais-le, tu vas te faire chier toi aussi, à ton tour..." Sur le fond, c'est confus en diable. Sur la forme, cela passe pour un nouveau genre de télégénie. Pour finir, il n'a plus que quelques secondes pour dire sa différence avec Jean-Luc Mélenchon. Grande inspiration de coureur avant le 100 mètres et le voilà qui débite à toute vitesse que si le candidat du Front de Gauche obtient un succès le 22 avril ce sera"tant mieux" mais " si c'est pour nous faire le coup de la gauche plurielle on est pas d'accord". Sur le plateau, chose inhabituelle, le public qui n'était pas venu pour lui, a applaudi à cette petite performance du novice. Dans la coulisse, le directeur de campagne d'Eva Joly, Stéphane Sitbon a glissé à sa candidate "si ça continue, je vais voter Poutou..." Elle, pince sans rire, s'est seulement exclamé : "Tu ne peux pas me faire ça !" Raphaëlle Bacqué |
Charleville-Mézières (Ardennes).
La cour d'appel de Reims a rendu son délibéré cet après-midi dans l'affaire des sept manifestants poursuivis pour avoir brisé la vitrine de l'UMP, dégradation et/ou violence envers les forces de l'ordre le 28 octobre 2010 à Charleville lors d'un défilé contre la réforme des retraites.
Condamnés en première instance par le tribunal correctionnel de Charleville (peines de prison avec sursis), ils avaient fait appel et le dossier avait été rejugé le 26 janvier à Reims. Les avocats avaient plaidé comme à Charleville la non légalité de la vidéo utilisée par les forces police ce jour-là. Et qui plus est, si tant est que la vidéo aurait été retenue, ils avaient indiqué que rien ne prouvait que les prévenus étaient bien ceux dont le geste avait occasionné le bris de la vitrine. Dans tous les cas, ils avaient estimé qu'il y avait eu provocation policière.
Les parties civiles ( l'UMP, d'autres locataires de l'immeuble et les fonctionnaires de police) ont été déboutées, et la cour d'appel a infirmé le jugement du tribunal de Charleville. "Une vraie bonne nouvelle" a indiqué aussitôt la nouvelle connue Me Médeau, l'un des avocats des manifestants, pour la plupart n'ayant jamais jusqu'alors eu affaire à la justice.
Source : Journal l’Ardennais